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Van Gaal et Mourinho : portraits croisés

Rarement une finale de Ligue des champions n'avait conduit à autant se focaliser sur les figures du banc de touche. D'un côté, Louis Van Gaal, plébiscité pour avoir transformer un Bayern aux failles béantes en une fusée qui rasa tout sur son passage lors des trois derniers mois de compétition. A la clé : un doublé coupe-championnat. De l'autre, José Mourinho, qui peut lui aussi s'enorgueillir d'un doublé, mais dont l'apport véridique n'est pas là. Ce qu'on loue chez le coach portugais, c'est d'avoir réussi à faire de l'Inter une équipe compétitive en C1, dont le club milanais n'avait plus atteint la finale depuis 43 ans.
Les deux coachs s'estiment et ne s'en cachent pas. Les deux se sont révélés au monde de la même manière. D'abord, en remportant une coupe de l'Uefa, puis une Ligue des champions. Avec les bambins de l'Ajax, Van Gaal s'adjuge son premier trophée en 1992 face à la Juventus. Consécration trois ans plus tard avec la révélation de la génération des Seedorf, Kluivert, Davids, et Van der Sar, au plus haut niveau. En mai 1995, la jeune Ajax vient à bout du Milan AC (1-0) et est consacrée reine d'Europe.
Mourinho s'adjuge son premier trophée européen à 40 ans. Comme Van Gaal, à une année près, mais dix ans plus tard. Avec le FC Porto, il montera les marches quatre à quatre : victorieux de l'UEFA en 2003, et de la Ligue des champions dès l'année suivante. Mis à part Deco, Paulo Ferreira, ou Carvalho, aucun des joueurs alignés à ces occasions ne réussira au très haut niveau. Là est le génie de Mourinho : arriver à extraire le meilleur de chacun. Car qui sait ce qu'est devenu Alenichev, pourtant étincelant en 2003-2004 ? Ou le buteur Derlei ? Autre exemple, le Portugais Maniche, immense milieu relayeur, mais que seul Mourinho a réussi à garder à niveau constant.
L'âme de Van Gaal est davantage celle d'un formateur. Là est son mérite avec l'Ajax, d'avoir fait confiance à cette jeunesse éclatante, et surtout d'avoir su la faire jouer ensemble. Mais les individualités hollandaises étaient bien supérieures à celles du FC Porto. L'an dernier, l'entraîneur au goitre a une nouvelle fois sublimé un collectif, celui de l'AZ Alkmaar, club hollandais à qui il a offert son premier titre depuis 28 ans. A Munich, son mérite n'est pas moins grand. Car, malgré des individualités comme Robben, Lahm ou Ribéry, les Bavarois semblaient être descendus dans la deuxième division européenne. Ce sont pourtant bien eux qui joueront samedi la finale de Ligue des champions.
Les deux hommes se sont connus au Barça. Van Gaal est alors entraîneur, et Mourinho son adjoint. Le Portugais ne cache pas l'empreinte laissée par le hollandais sur sa façon de manager. Il voit aussi comment un club comme le Barça traite un entraîneur pourtant deux fois titré en Liga. Van Gaal ne cesse d'essuyer les critiques de Cruyff et ses joueurs s'épanchent dans la presse. Celui qui deviendra le Special One gardera une rancoeur tenace envers le club catalan. Sans doute agacé par la pensée unique qui y règne : ou appliquer les principes de Cruyff, le véritable patron du club, ou essuyer le mépris.
Samedi, les deux tiennent leur revanche sur un Barça pourtant présenté comme grand favori de la compétition, mais qui ne pourra pas briguer sa propre succession. Que l'Inter ou le Bayern l'emporte, une chose est certaine : l'équipe titrée portera l'empreinte de son coach. Si spécial …